Pretty Sunday : les secrets de la créatrice du vide-dressing !

 

Pour tout te dire, j’ai une liste d’attente de plus ou moins 2000 personnes actuellement…

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Une grande passion pour la mode et l’organisation ainsi qu’une bonne dose de courage…  les 3 éléments qui ont poussé Cécile Grégoire à se lancer dans l’aventure de Pretty Sunday. Un concept qu’elle a commencé en 2012 avec une première édition … directement adorée par les fashionistas. Devenue indépendante en très peu de temps pour se consacrer à 100% à son projet, cette jeune liégeoise de 30 ans nous raconte les différentes étapes de Pretty Sunday dont la 10ème édition a rassemblé 4500 visiteurs en un week-end! Oui, oui, nous aussi on trouve que c’est la Classe! 😉

Quel est le principe de Pretty Sunday?

Pretty Sunday est un salon féminin prenant place 2 fois par an aux Halles des foires de Liège. Le salon occupe une surface de 3000 mètres carrés, dure un week-end et se compose de 5 espaces : un espace vide-dressing géant de 120 exposantes prenant un stand pour y vendre des vêtements et accessoires de seconde main de qualité (les exposantes sont différentes le samedi et le dimanche), un espace dédié aux stands professionnels (30 boutiques différentes les 2 jours), une salle entière réservée aux défilés sur podium et aux spectacles et à la restauration, un espace beauté gratuit (make-up et coiffure) et un espace shooting photos (gratuit aussi!).

551682_4554599100339_1111910_nComment t’es-tu fait connaître?

Ma clientèle, d’après les sondages effectués, vient majoritairement grâce à deux canaux : Facebook et le bouche à oreilles. Depuis la 1ère édition, ces réseaux ont un impact beaucoup plus important que celui qui découle de la presse. Je communique donc beaucoup sur les réseaux sociaux et essaie de toujours me remettre en question et améliorer le salon afin que le bouche à oreilles reste positif et que les visiteurs soient ravis de leur visite! De fil en aiguille, j’ai également la chance que la presse me contacte suite à des échos positifs qu’elle a reçus de diverses personnes… Pretty Sunday est mis en avant de manière positive par les journaux et les magazines féminins mais également par les radios et (récemment) par la télévision notamment dans le journal de 13h de Rtl-Tvi. Pour la petite anecdote, ils sont arrivés sans prévenir le dimanche du salon pour m’interviewer, ce fût pour moi un grand honneur et une consécration!

Comment as-tu passé le cap de devenir indépendante totale?

Je suis indépendante à temps plein sur ce projet depuis octobre 2012 (après avoir testé 2 éditions que j’avais organisées en travaillant encore à temps plein). J’ai alors pris la décision de quitter mon cdi et de suivre 2 mois de formation au sein de CreaPme qui est une entreprise spécialisée dans l’accompagnement de porteurs de projet qui souhaitent lancer leurs entreprises). L’objectif était  de me rassurer sur mes projets et idées…  Cela a porté ses fruits :  j’ai sauté le pas et me suis alors inscrite à temps plein comme indépendante pour organiser ma 3ème édition.

Que fais-tu concrètement?

Étant toute seule pour toute l’organisation de l’événement, en préparer un me prend en général 4 mois, puis 15 jours de clôture après le salon. Je m’occupe de tous les aspects : relations presse, recherche de partenaires/ sponsors, organisation de l’événement, réunions avec le staff technique, réservations, recherche des stands professionnels, relations avec photographes, travail administratif, facture et aspect comptable, distribution de flyers, présence sur les réseaux sociaux, répétitions des défilés, montage de la salle, etc.DSC00026

Une journée-type?

Les tâches varient en fonction de la période (avant, pendant ou après Pretty Sunday),  je n’ai donc pas vraiment de journée « type ». Bien-sûr,  j’ai ma liste de tâches en fonction de la période (Par exemple, 4 mois avant jour J, je dois faire telle liste/ 3 mois avant, je dois faire telle autre liste etc). Il faut énormément s’adapter car je dépends aussi du temps de réponse des gens, des renvois des contrats, des rendez-vous avec la presse (« on vous interviewe dans 30 minutes en direct, venez vite au poste de radio » –> le genre de propositions que tu ne peux pas te permettre de refuser mais qui, parfois, tombent très mal.

Comment se passe l’organisation d’un « Pretty Sunday »?

Mon travail commence 4 mois avant le jour J par des journées de 8h … Elles augmentent au fur et à mesure des mois pour finir avec 14h ou 15h de travail, 7jrs sur 7, le mois avant l’événement. Les 2 jours de montage juste avant l’événement sont très denses aussi ! Et ne parlons pas des jours et nuits de l’événement… Ensuite, j’enchaîne avec le rangement, le nettoyage et, enfin, les 15 jours de clôture (papiers, réunions, feedback, comptabilité, etc.). Le stress augmente énormément aussi en fonction de cette ligne du temps, avec quelques pics avant l’évènement comme le moment de l’annonce de la future date.  De gros doutes surgissent à ce moment-là. Tu te demandes si tu as bien choisi, si cela ne tombera pas en même temps que d’autres gros évènements, les gens aimeront-ils ce choix etc. Et ensuite, il faut s’occuper des centaines d’e-mails qui arrivent et de l’ouverture des réservations pour les stands particuliers ! J’en ai 200 à proposer (100 exposantes différentes chaque jour du week-end) et ces places sont réservées en moins de 1 minute via le site de réservation en ligne… Pour tout te dire, j’ai une liste d’attente de plus ou moins 2000 personnes actuellement… (Ah oui, quand même !!!)

DSC_0083Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées?

La 1ère difficulté rencontrée a été la recherche de salle lorsque j’ai voulu quitter le hall Omnisports pour une salle plus grande dès ma 3ème édition. De même, j’ai dû de nouveau changé de salle après ma 7ème édition pour me rendre cette fois aux Halles des foires car le nombre de visiteurs était si important qu’il dépassait la capacité autorisée pour la salle d’après les pompiers…

La seconde difficulté est d’ordre financier. Depuis le début, cela reste un de mes principaux points de réflexion/ de stress à chaque édition actuellement. Au vu de la taille de l’événement actuellement, les frais tous compris pour organiser une édition s’élèvent à 25 000-30 000 euros.
Je dois donc constamment, avant chaque édition, reprendre un par un les postes de mes dépenses et estimer si je peux me permettre ou non d’engager des frais supplémentaires (par exemple, j’ai attendu 2 ans avant de pouvoir lancer le magazine, pareil pour le podium avec les défilés de créateurs…) pour améliorer l’événement. Et à chaque édition sur laquelle j’ai travaillé 4 mois 1/2, je saurai seulement après celle-ci si je rentre dans mes frais et si j’aurai un salaire suffisant (cela dépend du nombre de visiteurs, des taxes à la Sabam, du prix de la salle, du prix du chauffage, etc).
Pour information, je suis seule à travailler dessus, et au vu de ce que je gagne, il me serait impossible d’engager quelqu’un… Je dois être plus rentable et cela passera par des sponsors que je dois trouver.

Je ne reçois aucune aide, et c’est même pire que cela: je dois payer parfois plus cher certaines factures car je suis « un privé » et non une asbl ou association de la ville. Le gros souci que j’ai est que n’étant pas une asbl, je n’ai pas droit à des bénévoles (pourtant j’ai énormément de demandes!), ce qui est très problématique. Cela pourrait tellement m’aider et me soulager physiquement (ne serait ce qu’au montage des salles les 2 jours avant le salon, ou par exemple lors de la distribution de flyers).

DSC00086Pretty Sunday dans 5 ans?

Bonne question…Je n’aurais déjà jamais imaginé il y a 4 ans à mes débuts l’ampleur que l’événement a pris, et l’enthousiasme autour de celui-ci! Je pense que le seconde main et les modes de consommation durables sont en plein boum et que, au vu de la situation économique actuelle, l’intérêt pour ce qui touche au vide-dressing n’est pas prêt de s’arrêter. Je pense aussi que l’intérêt des femmes pour la mode n’est pas près de diminuer d’intérêt 😉 Donc on verra, j’ai également appris à m’adapter aux situations, j’ai confiance en l’avenir.

Pretty Sunday existe depuis 4 ans (avril 2012) et a beaucoup évolué : Que ce soit en terme de surface mais aussi en terme de durée car c’était au départ sur une journée et maintenant cela se déroule sur un week-end. J’ai également créé un magazine « Pretty Sunday ». Les 5 espaces qui composent le salon sont apparus au fur et à mesure des éditions. A chaque édition, j’amène de la nouveauté dans un de ces espaces afin de ne pas lasser la clientèle. Je ne souhaite pas changer de région, j’ai la chance que mes visiteurs (d’après les sondages) fassent le déplacement de loin: Liège, Namur, Bruxelles, Charleroi, Mons, Verviers, Arlon. Vu le temps que cela me prend pour créer une édition, il me serait impossible d’en faire à Liège ET ailleurs (où il faudrait d’ailleurs tout recommencer à zéro).. .à moins de me dédoubler 😉
J’envisage peut- être d’ajouter un espace enfants/bébé (une salle vide dressing ainsi que des stands professionnels sur ce thème) mais c’est en cours de réflexion. Donc dans 5 ans … Surprise 🙂

As-tu d’autres projets que Pretty Sunday?

A côté de l’organisation de ce salon, je suis également photographe (mode, grossesse, bébés, enfants , cake smash) sur Liège (www.cecilegregoire.be)
Cette passion m’anime depuis toujours et c’est une activité que je développe depuis 1 an. J’organise également des « baby shower » pour les futures mamans et leurs amies, et je dispose d’une liste de petits projets supplémentaires que je garde au chaud pour le moment 😉

DSC00098A quand la prochaine édition?

La prochaine édition de Pretty Sunday aura lieu vers la rentrée, je n’en dirai pas plus pour le moment 😉 Les personnes souhaitant être averties de la future date peuvent rejoindre notre page Facebook (20 000 fans) et s’inscrire à notre Newsletter (10 000 abonnés) sur le site afin d’être averties par e-mail.

As-tu peur de la concurrence?

Depuis la création de Pretty Sunday, une foule de vide dressing a émergé de toutes parts suite au succès de cette 1ère édition (déjà 1000 visiteurs). A ce moment, j’ai eu un peu peur que tous ceux ci nuisent à mon événement et me prive de clientèle. Objectivement, 4 ans plus tard, je remarque que Pretty Sunday est le seul vide dressing à avoir tenu sur la longueur (Pretty Sunday en est à sa 10 ème édition, alors que les autres sont des « one shot » très souvent au vu de l’investissement demandé et du fait du risque de devoir se déclarer comme indépendant), mais également le seul à s’être émancipé autant (l’événement a grandi, s’est renforcé, renouvelé etc.), et enfin et surtout le seul à drainer autant de monde (plus de 2000 visiteurs par jour). Je suis donc du genre à continuer à avancer et innover, plutôt que de regarder en arrière les personnes qui essaient de « copier ». Le plus important est de toujours garder une longueur d’avance.

Un conseil à un jeune qui souhaite entreprendre?

Un conseil me vient à l’esprit : PERSEVERER! J’ajouterai également: croire en soi, ne jamais perdre de vue l’objectif que l’on s’est fixé, accepter les « échecs », se remettre régulièrement en question, accepter la critique, avoir une capacité d’adaptation, ne rien considérer comme acquis, rester humble. Dans l’événementiel, rien n’est jamais acquis, il faut se remettre en question, se tenir au courant des actualités dans son domaine, ne jamais cesser de faire la publicité de son projet, et sauter sur les opportunités quand elles arrivent! Quelle fierté par la suite de sortir grandi de son parcours et de voir le succès au rendez-vous!

Waouw, voilà un bel exemple d’entrepreneuriat réussi!

N’hésitez pas à suivre de près ce projet qui en est déjà à sa 10ème édition … et ça, c’est beau!

La page Facebook et le site de Pretty Sunday !

By Maïté

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