Les livres de Ju

 

chronique

Ces derniers temps, période « carnavalesque » oblige (et oui, encore une prof en congé tssssss), ma « consommation » de livres en tout genre s’est intensifiée. Pour débuter cette chronique, j’ai donc été obligée de faire un tri. Après tergiversations quant à ce qui pourrait vous plaire, histoire de vous « accrocher » à ma petite chronique, mon choix s’est finalement porté sur « Ensemble, c’est tout »…

C’est de qui ?

anna-gavalda-ensemble-c_est-toutNB : ce qui suit n’est pas une biographie de l’auteur. Pour ça, je vous renvoie vers google.

De la célèbre Anna Gavalda, auteure également de « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part », numéro trois des ventes de livres en France (rien que ça). Donc, comme pour chaque auteur à succès dit « grand public », j’ai débuté ma lecture avec un esprit critique exacerbé. Parce qu’en fait, on n’aime pas trop les Lévy et autres Musso et qu’on a la prétention de se dire que ce qui plaît au grand public ne nous plaira pas à nous, à notre œil aguerri (réflexion idiote et totalement infondée tout compte fait, puisqu’on a dévoré les Twilight et porté au rang de déesse J.K. Rowling quand on était plus jeunes.)

Bref. Mon manque d’enthousiasme provenait également du fait que j’ai vraiment eu du mal à accrocher au seul autre livre de cette auteure que j’avais déjà eu entre les mains, à savoir : « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part ». Mais, une de mes collègues préférées qui possède un goût certain en matière de lecture m’a dit que je ne pouvais pas ne pas avoir lu « Ensemble, c’est tout ». Et comme je lui voue une confiance sans borne, je me suis exécutée.

J’ai donc renoué contact avec Anna Gavalda. À l’heure de commencer mes chroniques, j’ai encore du mal avec l’idée de « critiquer ». Qui suis-je, moi qui n’ai jamais écrit de roman, pour critiquer ? Ne répondez pas, c’est une question purement rhétorique  😉  Toutefois, je n’invente rien en vous confiant que le style d’Anna Gavalda, qui l’a rendue célèbre dans le monde entier et lui a conféré cette aura auprès du grand public, est fortement critiqué des analystes littéraires (en bref, ceux qui font pareil que moi, avec les diplômes et les sous en plus. Pas pour le plaisir quoi… mais avec légitimité). Ils reprochent, entre autre, à notre auteure l’usage exagéré des dialogues et des textes parfois trop explicites. Et bien, sachez que je ne suis pas du tout d’accord avec ces critiques. Ne vous énervez pas, je vais vous expliquez

La chronique littéraire de Ju (parce qu’on n’aime pas trop le mot « critique »)… pourquoi. Mais désormais : on ne critique plus Anna Gavalda en ma présence. Sinon je mords!

Si si, je suis capable…

Ça parle de quoi ?

De la différence, des différences. Mais des différences qui ne nous distinguent pas les uns des autres, de celles qui rapprochent justement. Des mal-être qui deviennent des forces, de la capacité de l’être humain à se découvrir des forces insoupçonnées au moment où tout va mal… Mais je m’emballe. Je reprends du début. Rassurez-vous, pas de spoil 😉

Le roman présente, au départ, l’histoire respective de quatre personnages. Quatre « bras cassés » que la vie n’a pas gâtés ou qui ont fait de mauvais choix, comme nous en faisons tous.

La narration les distingue totalement puisque chaque personnage possède ses chapitres propres, qui comptent leurs mésaventures respectives (sans en dire trop car ces personnages – Camille, l’artiste – Franck, le cuistot – Philou, l’aristo – Paulette, la très vieille dame – ont le point commun d’être des êtres réservés et ils ne se confieront que petit à petit au cours du récit, comme si un lien de confiance s’était instauré entre eux et nous. Preuve, pour moi, qu’Anna Gavalda est une grande auteure car elle réussit à faire de nous, lecteurs, des personnages à part entière de son récit, des confidents). Bref, ces quatre-là n’auraient jamais dû se rencontrer. Et pourtant, le destin va se charger de les bousculer un peu. Leur histoire, c’est la théorie des dominos, mais à l’envers. Au lieu de provoquer un éboulement en chaîne, ils vont s’aider à se relever. Il s’agit donc de l’histoire de belles rencontres inattendues. À ce moment, la narration s’entremêle.

Extraits du cru, choisis avec l’envie de vous donner envie justement…

Qu’est-ce que ça veut dire, différents ? … Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences…

 

Dit comme ça, c’est un peu cucul évidemment, mais bon, il y avait bien longtemps que le ridicule ne les tuait plus : pour la première fois et tous autant qu’ils étaient, ils eurent l’impression d’avoir une vraie famille. Mieux qu’une vraie d’ailleurs, une choisie, une voulue, une pour laquelle ils s’étaient battus et qui ne leur demandait rien d’autre en échange que d’être heureux ensemble. Même pas heureux d’ailleurs, ils n’étaient plus si exigeants. D’être ensemble, c’est tout. Et déjà c’était inespéré.

Mon avis

J’ai a-do-ré… Et je vais prendre à contre-pied la critique des analystes littéraires : c’est justement cette abondance de dialogues, la manière dont l’auteure explicite son récit et le ressenti de ses personnages qui rendent l’histoire aussi vivante.

Je vois venir d’ici ceux qui auraient envie de dire qu’il s’agit d’un roman pour « gonzesses »

plein de bons sentiments. Ce n’est pas cela du tout! Même si on sent venir la fin un peu tôt et qu’il y a en effet beaucoup de bons sentiments. Il s’agit d’un livre qui rend heureux. D’une histoire qui nous fait sourire bêtement seul devant une page, d’une anecdote qui nous ramène à nos propres failles, à nos aspects sombres parfois. Mais qui apporte juste assez de réconfort pour donner de l’espoir sans tomber dans le « pathos ». C’est en tout cas un livre qui a le pouvoir d’annuler l’effet pervers de la solitude dans un monde où les contacts humains, les vrais, sont sans cesse remis en question. On ne sent pas seul quand on lit « Ensemble, c’est tout ». On se sent connecté. À qui, à quoi ? Je n’en sais rien. Mais on se sent bien, c’est du moins l’effet qu’il a provoqué chez moi. J’étais tiraillée entre l’envie irrépressible de le livre (dur de le poser celui-ci) et la peur d’arriver à la fin, que l’histoire soit terminée. Parce qu’au fond, on aurait envie de rester encore un peu dans le monde qu’Anna Gavalda a créé pour nous.

Mais oui, je suis une fille, et j’ai des goûts de filles. Même si je suis sûre que certains mâles sont également réceptifs à ce genre de messages. Un livre à lire quand on va mal, quand on remet plein de choses en questions, mais aussi quand tout va bien. Parce que c’est un livre qui rend heureux, et qu’on n’est jamais trop heureux.

Et l’adaptation au cinéma ?

Le roman a été adapté pour le grand écran par Claude Berri en 2007.

Le casting comprend, entre autres, Laurent Stoker, Audrey Tautou et … roulement de tambours… Guillaume Canet.

À voir seulement si on n’a pas encore lu le livre, sinon c’est décevant.

Parce que le réalisateur n’a pas su retranscrire à l’écran la dimension poétique qu’Anna Gavalda a su insuffler à son roman, ni les personnalités complexes des personnages. Beaucoup de personnages secondaires, mais pourtant « clefs », sont également passés à la trappe. Dommage…

Le film est entièrement porté par les prestations magistrales d’Audrey Tautou et de Guillaume Canet (et on love Guillaume!!!) qui débordent de charme et de simplicité.

Ensemble, c’est tout, Anna GAVALDA, le dilettante, 2004.

From Ju with Love              signature chronique

 

2 Comments on “Les livres de Ju

  1. Pour connaître l’auteur de cette chronique et son avi aiguisé, je pense pouvoir affirmer que si vous aussi comme moi et comme elle, vous manquiez un peu d’engouement pour Gavalda, ce bouquin pourrait bien vous réconcilier avec ses livres. J’ai aimé celui-ci aussi. 🙂

  2. C’est si bien dit… Et tellement… Ça. J’ai bien envie de le relire tient !

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