La femme parfaite est une connasse (volumes 1 et 2)

La chronique littéraire de Ju  (parce qu’on n’aime pas trop le  mot « critique »)…

« La femme parfaite est une connasse », c’est de qui ?

aDes sœurs jumelles Anne-Sophie et Marie-Aldine Girard. L’une rédactrice en chef de l’émission « Ce soir (ou jamais!) » ; l’autre, humoriste s’étant notamment illustrée à travers le Jamel Comedy Club. Bon, on avoue, ça ne nous en dit pas franchement plus. Mais en bref, pas du tout écrivaines. Et ça tombe bien! Patience, j’explique…

En fait, « La femme parfaite est une connasse! » n’est absolument pas un roman. Véritable phénomène et succès de librairie pourtant, il s’agit d’un guide à l’usage de toutes les femmes imparfaites (et même des hommes qui auraient envie de combler certaines lacunes nous concernant). Fortes de leurs expériences professionnelles respectives, les deux sœurs ne poursuivent absolument pas un but littéraire : le ton est celui de l’humour, toujours, le langage employé est vrai et parfois même cru (et oui, on peut lire à de nombreuses reprises le mot « bite ») et il s’agit plus qu’autre chose de la retranscription de réflexions faites entre copines à l’heure de l’apéro, sans prise de tête. Pas pompeux, pas intello, les réflexions nous sont livrées sur le thème de l’oralité. En fait, on n’a pas du tout l’impression de lire un livre, mais plutôt d’assister à une soirée entre copines : c’est clairement du langage parlé qui s’assume. Et c’est en ça que réside tout son attrait.

Ça parle de quoi ?

De la femme imparfaite : celle que nous sommes toutes ! Une femme avec ses défauts, ses travers et mêmes ses névroses. Et de son ennemie jurée, la femme parfaite (ici appelée « connasse »). Pourquoi employer un tel substantif, me direz-vous. Quelle vulgarité, penseront certains. L’affubler d’un tel sobriquet (c’est un « connasse » affectueux) nous permet en fait de déculpabiliser. À l’aire d’internet et de Photoshop, laquelle d’entre nous n’a jamais culpabilisé de ne pas ressembler aux filles des magazines, à celles des séries télé, des comédies romantiques ? Ni même à cette fille agaçante que nous croisons dans la vie de tous les jours et qui nous donne l’impression de tout réussir mieux que nous, et ainsi nous fait nous sentir moche et nulle, tant pour ce qui est de l’aspect physique, que de la carrière, de l’éducation des enfants et de la gestion du quotidien. Voilà le pourquoi du mot « connasse », les femmes sont jalouses les unes des autres, c’est un fait.

Le but poursuivi par le tome 1 n’est pas de critiquer toutes les connasses, mais bien de faire comprendre aux femmes qu’il faut cesser cette quête de la perfection, que ce qui nous rend belles, spéciales, drôles et intéressantes, ce sont justement nos imperfections. L’ouvrage nous livre des clefs pour réussir pleinement à nous assumer, puisqu’être parfaite signifierait être, nous aussi, une connasse. L’avant-propos nous prévient : « Vous ne vous reconnaîtrez peut-être pas dans tous les chapitres… Mais vous vous reconnaîtrez, soyez-en sûres ! » Et c’est pari tenu !!! Certaines situations évoquées nous semblent tellement saugrenues qu’elles nous permettent de déculpabiliser. Genre : « Je ne suis pas parfaite, mais je ne suis pas aussi loin dans le bois que les filles du livre, ouf. » Et d’autres nous font tellement échos, parce qu’on les a vécues ou qu’on y a déjà pensé sans le dire à personne, qu’on ne peut qu’exploser de rire en se rendant compte qu’on n’est pas les seules à être bizarres.

Extraits du cru

be-reserved-mode-femme5-bigNB : Vraiment difficile de choisir des extraits tellement les deux livres regorgent de théories hilarantes, parce qu’à la fois complètement stupides mais tellement vraies
Dans le chapitre « Les hontes inavouées »
Ce livre a pour vocation, vous l’aurez compris, de nous faire déculpabiliser ! Car non, vous n’êtes pas les seules à :

– Ne pas s’épiler les jambes, lors d’un premier rendez-vous, pour ne pas céder à la tentation.
– Se remaquiller légèrement (après s’être démaquillée) avant de se mettre au lit avec  son chéri. (Première semaine de relation, bien sûr !)
La désormais anthologique « théorie de la Scarlett Johansson » (une de mes préférées), ou comment un petit cochon a fait croire au monde entier qu’elle était une bombe sexuelle. Quelle connasse cette Scarlett quand même ^^
Quelle fille n’a jamais sollicité ses amies pour interpréter un sms envoyé par un mec ??  Ou comment polémiquer 23 minutes sur l’utilisation du terme « coucou » en introduction, et 37 sur le « biz » final. Et bien, les sœurs Girard nous fournissent enfin un tableau de traduction des sms de ces messieurs 😀
On peut également y retrouver la proposition de création d’une application sur smartphone avec alcootest intégré, qui nous empêcherait d’envoyer des textos bourrées à 3 heures du mat, qu’on regrette amèrement le lendemain (ou directement après avoir appuyé sur « envoyer »).
On apprend également que le prince charmant est un connard car, à l’instar de la femme parfaite, il n’existe pas.
Que quand une personne nous dit : « Ça te va bien les cheveux attachés », on ne doit surtout pas (plus) répondre « C’est parce qu’ils étaient gras ». Et dans le même style « La jurisprudence de la frange ».
Notons également des chapitres s’adressent aux messieurs, comme : « Pourquoi les femmes vont-elles à deux aux toilettes ? » ou encore « Comment voulez-vous que les hommes nous comprennent ? ».

Mon avis

bC’est juste génialissime! Bon, c’est clair qu’il faut le lire armée de second degré, et bien se mettre en tête que ce n’est pas de la grande littérature, sans quoi vous serez forcément déçues (je parle au féminin car, même si certains chapitres s’adressent aux hommes, il s’agit clairement d’un ouvrage visant un public féminin), et que tous les chapitres ne sont pas excellents. Mais c’est une lecture qui en vaut clairement la peine. Déjà parce que les deux ouvrages se lisent hyper rapidement (1h30 par livre), qu’ils coûtent 5 euros pièce, et puis parce que c’est clairement un phénomène de société à travers lequel on nous promet qu’on va se reconnaître. Enfin et surtout, on le conseille à ses copines parce que c’est désopilant et que des fois, ça fait aussi du bien de ne pas se prendre la tête. Fous rire et débriefing entre filles assurés!

Anne-Sophie et Marie-Aldine Girard,  La femme parfaite est une connasse ! Guide de survie pour les femmes « normales », Editions J’ai lu, 2013.
ET La femme parfaite est une connasse ! Parce que la connasse ne meurt jamais… , Editions J’ai lu, 2014.

 

From Ju with Love

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