Louise Kopij… créatrice de bijoux

Si t’es passionné fais-le, si tu ne l’es pas ne le fais pas car le cadre administratif est trop lourd. J’admire les gens qui font un boulot qu’ils n’aiment pas.


louiseC’est dans un appartement cosy situé dans le centre de la Cité Ardente que je rencontre ce petit bout de femme passionné. Je remarque très vite que le sourire et la douceur sont, chez Louise, une seconde nature. Après la visite de son atelier situé à côté de sa cuisine, nous voilà installées autour d’un bon thé dans la salle à manger. Nous ne sommes pas seules : un compagnon à quatre pattes du nom d’Arsouille ronronne dans les parages. Entourée d’une famille prônant le respect d’autrui et de la qualité du travail, la future créatrice de bijoux a d’abord étudié dans une petite école dite campagnarde où régnait une ambiance comme peu d’écoles peuvent s’en vanter avant de se lancer dans des études de Sociologie à l’Université de Liège.
Et là, c’est une révélation pour elle : l’artiste se rend compte qu’elle a un profil vraiment manuel et qu’elle pourrait se diriger dans cette voie-là pour travailler. Elle arrête l’Université et s’inscrit dans l’école de stylisme Francisco Ferrer à Bruxelles afin d’affiner et d’améliorer son savoir-faire. Certes, depuis l’adolescence, la liégeoise confectionnait déjà elle-même ses vêtements mais elle se rend compte qu’elle a encore beaucoup à apprendre.
Après deux années de cours dans cet établissement et énormément de frustration au niveau de la créativité, Louise met un terme à sa vie estudiantine. Trois mois après, elle monte sa première exposition qui allie la Barbie (oui la blonde aux gros seins) et la politique sous toutes ses formes. Elle expose ensuite ses bijoux dans une galerie renommée mais (parce qu’il y a toujours un «mais») l’artiste se rend compte que ce n’est pas assez rentable. Elle comprend que, pour être professionnelle, il faut que quelqu’un s’occupe de la communication. Pour mettre toutes les chances de son côté, Louise revient de Bruxelles et suit, entre autres, la formation des ateliers d’art contemporain (Clustart) et rentre chez Job’In (structure qui aide les jeunes indépendants). En 2010, l’entreprise «Louise Kopij Bijoux» est lancée !

Où trouves-tu ton inspiration ? 

Contrairement à la plupart des créateurs, moi je dessine peu, je touche les matières. Je les associe, je vibre avec les couleurs et j’essaie de créer quelque chose qui me parait beau. Bref c’est au feeling. Je fais aussi beaucoup de pauses pour être la plus créative possible. Je regarde des documentaires régulièrement que ce soit dans le domaine des animaux, de l’espace, des sciences etc. Et bien sûr, je regarde énormément les tendances, les défilés de mode. Cela fait une piste de travail et permet de me cadrer. Et surtout, j’écoute les gens ! 

Quelle est ta plus grande fierté professionnelle ?

Le projet d’après. C’est quand tu arrives en haut d’une montagne que tu te rends compte qu’il y en a une juste après. J’ai appris à profiter du résultat quand j’ai réalisé quelque chose et ça c’est très important.

10834077_760531104001156_1749235018_n[1]La plus grande honte que tu aies connue ?

Deux moments me viennent à l’esprit : de ne pas me souvenir de mon premier vernissage tellement j’étais crevée ! Et la première fois où je me suis rendue dans un magasin pour vendre mes créations. Une personne m’a demandé le prix de gros… et bien je ne savais pas ce que c’était (rires). J’ai appris qu’avouer qu’on ne sait pas n’est pas une catastrophe.

Qui admires-tu ?

Alexander Mac Queen, Vivianne Westwood.

Quel est ton plus grand regret ?

Je n’en ai pas vraiment. J’essaie de trouver mon rôle et de ne rien regretter. De faire ce pourquoi on est fait. Se pardonner de ne pas être parfaite et surtout, accepter l’échec.

Une anecdote particulière ?

J’ai eu un énorme fou rire avec mon frère qui s’occupe de la web strategy et des réseaux sociaux. Ce jour-là, il corrigeait les archivages et il m’annonce que j’ai écrit le mot « boucles d’oreilles » avec 65 orthographes différentes.Capture1

Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui veut lancer son entreprise ?

Si t’es passionné fais-le, si tu ne l’es pas ne le fais pas car le cadre administratif est trop lourd. J’admire les gens qui font un boulot qu’ils n’aiment pas.

Quels sont les avantages de ton travail ?

De gérer mon horaire comme je l’entends et pouvoir être bien émotionnellement, de pouvoir respecter les matières, les consommateurs et de voir l’objet fini. Le bijou est un messager social, il rend les gens heureux.

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Quels sont les inconvénients de ton travail ?

Je suis « dyscalculique » ce qui n’aide en rien dans la comptabilité ! Et je suis aussi très nulle au niveau administratif.

Si tu pouvais changer de vie, que voudrais-tu faire ?

Je ne changerais rien, à part avoir un million de dollars pour payer les gens avec qui je travaille, faire des clips, de la pub etc.

Quel est ton plus beau voyage ?

Le Kenya et le Caire. Sentir le vent de l’Orient passer dans mes cheveux sur un pont au-dessus du Nil…

Ton rêve ?

Travailler davantage des choses haute couture.

Ta citation favorite ?

« L’échec n’est pas une fin et la réussite n’est pas un aboutissement. C’est le chemin qui compte » de Churchill et « la violence est le dernier refuge de l’incompétence » de I. Azimov.lk2352 pince ou broche paon feutre pince à dents 35 euros

Pourquoi adores-tu être belge ?

Pour notre légendaire second degré.

Quel est ton remède contre les coups de blues ?

Le repos, un cerveau reposé génère d’idées positives. Crevée, je suis agressive avec tout le monde, y compris avec moi-même !

Un secret beauté ?

Je me tartine de crème hydratante tous les jours depuis des années.                                               

Comment gardes-tu ta ligne ?

J’ai de la chance mais j’avoue que de ne pas avoir mon permis de conduire me force à marcher beaucoup ! Je mange aussi sainement. Je n’ai pas changé de garde de robe depuis 10 ans, mon corps ne bouge pas !

Mot favori ?

Bravo, merci etc. Je suis de nature très reconnaissante. Par contre, je jure souvent… ça purge !

Ta pièce incontournable ?

Une veste et une écharpe car je suis extrêmement frileuse. J’achète en seconde main car je déteste le système de la grande distribution. J’aime allier un beau design avec le respect de l’environnement.

Si tu étais un animal, tu serais… ?

Un « tiggg » (avec l’accent liégeois) avec des cornes pour que ce soit fantastique. Plus sérieusement, on se ressemble au niveau du tempérament : on peut avoir une « gnaque » incroyable pendant une période puis être dans un état de léthargie le lendemain. Cela m’arrive de travailler beaucoup trop un jour puis le lendemain d’être un légume.

Coups de cœur de Louise

Un film : « Eternal Sunshine » et je rigole beaucoup devant les séries Z dans lesquelles les erreurs historiques vestimentaires sont grandioses. 

Un livre : « Les chroniques du jazz » et « L’écume des jours » de Boris Vian

Musique : Billie Holiday (jazz), Laurynn Hill

10922862_10205173128423754_5262776365964916888_nUne bonne adresse à Liège et à Bruxelles (pour boire un café, sortir etc.) : « Le Sauvenière » à Liège, c’est devenu ma salle de réunion! Et « l’Archiduc » à Bruxelles, complètement hors de prix mais le bar à cocktails le plus classe que j’ai jamais vu, on se croirait dans une peinture hyper réaliste américaine, à voir et à goûter !

Un magasin top à Liège / Bruxelles : « Loula bee » pour les vêtements chic beaux, décalés et écolos et « Kausynoe » à Bruxelles pour leur sélection de marques et de couleurs.

Si vous avez envie de découvrir ses créations, RDV ce vendredi 27 février au Pop-Up Store à Liège où Louise présentera sa nouvelle collection (nous, on y sera 😉 )

Vous pourrez aussi la retrouver lors du vide-dressing des copines@labrocante les 7 et 8 mars prochains au centre culturel de Melen.

Découvrez ses créations sur son site et sur sa page Facebook 🙂

 

 

Photos :

Photographe Gael Thill G-photographer.be

Illustration collection 2015-2016 : Mathilde Manka illustatrice (ou Facebook)

Photo (dorée) Charlotte Delleur

3 Comments on “Louise Kopij… créatrice de bijoux

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