Johan Lolos : globe trotteur et photographe

Une philosophie de vie? Vivre au jour le jour et ne rien planifier à l’avance. Je n’ai aucune contrainte et rien ne me retient. Je profite de tout ce que la journée a à m’offrir. Ce voyage m’a rendu moins matérialiste qu’avant et plus humble. Il a changé ma vison du monde et des gens et m’a ouvert les yeux sur la nature et le monde en général. Mais je reste moi-même, ma personnalité n’a pas changé.

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Si il y a bien quelqu’un qui a la « bougeotte », c’est ce olnois d’origine grecque de 26 ans, Johan Lolos. Ce globe trotteur aura dû attendre ses 21 ans avant de trouver sa voie « professionnelle » en intégrant l’IHECS , une école de communication située à Bruxelles. Passionné par ses études, Johan qualifie celles-ci comme une « révélation ». En sortant de son master, ce boute-en-train crée le blog « Belgian Music Festivals » dans lequel il parle de tous les festivals se déroulant en Belgique. Le succès de ce dernier le pousse à agrandir l’équipe avec des photographes et des reporters. A la clé de cette aventure, l’équipe accède gratuitement à tous les festivals et bénéficie des privilèges de la presse, des contacts dans le monde des médias, des festivals, des RP et de la photo. L’argent récolté grâce aux sponsors, aux publicités et à sa collaboration en tant que pigiste à la RTBF ont permis à cet autodidacte d’acheter du matériel professionnel et de couvrir ses frais. En très peu de temps, Johan succombe au charme du monde de la photo et de l’événementiel et voit, de manière limpide, son avenir dans ce domaine. Son stage effectué dans une agence de communication digitale à Paris le conforte dans son choix : il a besoin de voyager et de fonctionner à son propre rythme! A 25 ans, Johan décide alors de réaliser un rêve d’enfance, prend son sac, son appareil photo et entame un tour du monde.
C’est depuis l’Australie que Johan m’accorde un moment afin de faire sa connaissance.

Comment cette idée de tour du monde t’est-elle venue?

Au départ, je devais partir avec un ami ; Fabian, qui avait une année à effectuer en Belgique pour obtenir son diplôme. Je me suis donc dit que j’allais commencer à voyager et qu’il me rejoindrait en cours de route. Notre projet de départ était de lancer un blog de voyage « Prends ton sac » et d’y raconter notre tour du monde. L’idée était de pouvoir, grâce à ce blog, voyager gratuitement et de faire du volontariat.

Comment se sont déroulés tes premiers pas sur la terre des kangourous?

J’ai débarqué à Melbourne où j’ai dû trouver un job rapidement. Le projet du blog a un peu été mis de côté pour des raisons diverses mais j’avais toujours cette envie de voyager gratuitement. Deux mois après mon arrivée, j’ai lancé un collectif de voyageurs sur le net. Je me suis associé à une grosse page facebook (1 million de fans) afin d’acquérir une crédibilité rapide. Mais je ne me suis pas entendu avec les autres partenaires de la page facebook au niveau du mode de fonctionnement de travail car ils étaient trop peu professionnels. Malgré tout, ce « webzine » m’a permis de me faire remarquer par le plus gros site de voyage : voyagerloin.com. Le contact est directement bien passé avec le fondateur et nous avons pris conscience que nous pouvions nous entraider l’un l’autre. Voyagerloin.com est un site généraliste sur le thème du voyage et de la nature. Il peut s’agir de conseils au voyageur, le top 20 des plus belles plages, des avis sur le matériel nécessaires etc. Nous avons donc fusionné nos deux sites depuis le mois de janvier. En tant que membre à part entière, je profite de la notoriété de leur site, je partage mes expériences et je gère leur compte Instagram ainsi que le collectif de contributeurs récits & photos.

Qu’est-ce que cela te rapporte concrètement?

johan 3Financièrement, rien! C’est un choix personnel de ne pas être rémunéré car je reste indépendant et libre. Par contre, cela m’ouvre énormément de portes en matière de voyages. Le fait de travailler pour ce site m’offre des avantages tels que des partenariats avec des offices de tourisme et me permet de faire des reportages à moindre frais. Si demain j’ai envie de sauter en parachute à tel ou tel endroit, il y a énormément de chance que je le fasse gratuitement… Le fil conducteur de ce tour du monde est de voyager et vivre « à moindre frais, tout en partageant mes aventures avec les internautes à travers mes photos et récits « . Pour le moment, je m’en sors plutôt bien. Ma popularité a également augmenté depuis ma collaboration avec Voyagerloin.com, je suis passé de 1000 abonnés à 18000 sur Instagram… Bref, à tous niveaux, cela devient de plus en plus professionnel.

Que fais-tu quand tu manques d’argent?

Dès mon arrivée en Australie, je me suis installé comme indépendant en tant que développeur web. J’ai créé mon premier site web à l’âge de 16 ans sur … « Dragon Ball » (et là, je dis bravo!). J’ai pas mal de boulot pour des clients européens et australiens.

Et où en est ton ami Fabian qui devait te rejoindre?

Il a rencontré une fille et m’a abandonné lâchement… Je rigole mais il va juste me rejoindre 3 mois quand je serai en Nouvelle-Zélande. Au final, ce n’est pas plus mal que je continue en solo. J’ai voyagé avec des amis quelques semaines et je me rends compte que les opportunités sont plus nombreuses quand je suis tout seul. Au final, ce tour du monde est vraiment un concours de circonstances mixé à beaucoup de chance!

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Quels sont tes projets après l’Australie?

Je termine mon voyage sur la côte est australienne puis je vais donc 3 mois rejoindre mon meilleur ami et ancien coloc en Nouvelle-Zélande avec Fabian. Ensuite, cela dépendra des opportunités à ce moment-là. Je ne sais pas si j’irai en Asie ou en Amérique du Sud en premier. J’aimerais traverser l’océan pacifique en voilier. Evidemment, j’aimerais pouvoir faire le voyage gratuitement en aidant sur le bateau, en cuisinant etc. En fait, il est impossible pour moi de dire où je serai dans un an.

Quelle a été la réaction de tes proches quand tu leur a annoncé que tu partais?

Au départ, mes parents étaient assez heureux pour moi mais quand ils se sont rendus compte que je ne partais pas que pour un an mais bien pour bien plus longtemps, ils ont tout de suite été moins enjoués. Ils rêveraient de me voir marié, avec un appartement et un boulot « stable ». Mais ils comprennent que mon style de vie me convient parfaitement et ils sont fiers de moi et de mon parcours.

Que n’aimais-tu pas dans l’agence de communication à Paris?

D’une part, je n’aimais pas le travail que j’effectuais. J’étais là en tant que stagiaire et, comme tout stagiaire, je faisais les choses les moins plaisantes. D’autre part, le fonctionnement de l’agence en tant que tel ne me convenait pas. Personne ne se parlait, on se chattait pour poser une question à son voisin. Je faisais aussi des horaires de fou. Et puis, je suis de nature entreprenante, je voulais avoir mon propre rythme et continuer à fonctionner à la pression comme je l’ai toujours fait.

Ton plus beau coup de cœur depuis que tu es parti?

J’ai visité la Tasmanie en stop pendant 3 semaines, ça a été le meilleur moment en termes de beauté de paysage jusqu’à présent.

L’expérience la plus intense que tu aies vécue?

J’ai eu la chance de pouvoir observer les tortues de mer quand elles pondaient. Un moment magique et intense, une vraie bouffée d’émotions. J’ai aussi fait un roadtrip de 6 semaines sur la côte ouest australienne qui est beaucoup plus sauvage et moins touristique que les autres parties de l’Australie. J’ai vécu au rythme du soleil durant cette période là c’est-à-dire que je me levais à 5h et j’allais me coucher à 19h. Une autre expérience hallucinante : j’ai nagé avec le requin baleine qui se révèle être le plus grand poisson du monde. Il est totalement inoffensif.

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Et sinon tu as rencontré d’autres animaux comme ça?

Oui, j’ai aussi plongé avec le grand requin blanc (mais dans une cage hein!). Honnêtement, cela ne fait pas peur car tu sais, sauf méga imprévu (!), que tu ne crains rien. Moi, j’étais juste admiratif devant la puissance de la nature! Dans le genre animal réputé dangereux, j’ai nagé aussi dans une piscine avec le 3ème plus gros crocodile en captivité du monde… et là, j’étais dans une sorte de bulle en plexy. J’ai pu vivre ces différentes expériences gratuitement grâce à des deals avec des offices du tourisme.

Tu as dû avoir un visa ou autre pour pouvoir séjourner en Australie?

Il existe un « working holiday visa » qui est en fait un « permis vacances travail ». Tu ne peux avoir plus de 30 ans et c’est faisable une fois dans ta vie, mais tu peux le renouveler pour une 2e année sous certaines conditions. Les règles pour ce visa sont facilement applicables : tu ne peux pas travailler pour le même employeur pendant plus de 6 mois et le tourisme doit être la raison principale de ta venue. Tu peux, par exemple, bosser dans une ferme. 

Tu as eu un bon accueil? 

Excellent! A Melbourne, j’ai vraiment découvert une autre mentalité. Après 10 mois, cela me semble naturel mais les gens sont étrangement tous aimables. La première question qu’on te pose dans une conversation c’est « comment vas-tu? ». Bon, au début, je trouvais ça génial mais maintenant je me dis que c’est un peu superficiel. Les tasmaniens étaient, selon moi, les plus aimables.

Où as-tu logé pendant durant ce voyage?

J’ai vécu à Darwin durant 3 mois dans une famille d’accueil HelpX, similaire au « Wwoofing ». Il s’agit d’un vieux programme mondial des années 70 qui te permet de travailler partout dans le monde agricole bénévolement. Tu bosses 4h dans une ferme tous les jours et tu es nourri et blanchi. Le programme « HelpX » est similaire sauf qu’il n’est pas axé sur le monde agricole mais sur l’aide en général. J’ai donc pu être logé et nourri dans une famille qui avait simplement besoin que je leur crée un site internet. A Melbourne, j’étais en colocation durant 4 mois, en Tasmanie, je faisais du camping et à Sydney, j’ai été hébergé chez une connaissance durant quelques semaines.

As-tu eu des coups de blues? 

Honnêtement, très peu. J’en ai eu un après une soirée arrosée avec un ami belge qui est venu 6 semaines en Australie. J’ai regardé mes photos de la Belgique et j’ai un peu craqué. Coup de blues aussi lors de la coupe du monde. J’avais envie de faire la fête avec mes amis. Mais ça passe vite, je vais parler à mes amis et 1h après c’est oublié.

Quelle est la première chose que tu feras à ton retour en Belgique?

Dire bonjour à ma famille et je ferai une énorme fête avec mes amis. La nourriture ne me manque pas vraiment… j’ai l’avantage d’aimer tout. Mais j’avoue que je ne dirais pas non à un bon fromage ou à de l’excellente charcuterie. Et pourquoi pas un bon boulet frites accompagné d’une Chimay. L’alcool est très cher en Australie. Résultat, je bois peu! Mais je craque de temps en temps pour une bonne Stella Artois (Oui, oui il y en a ici).

Et ça donne quoi la nourriture « australienne »?

La nourriture n’est pas vraiment bonne. Je trouve qu’il n’y a rien d’incroyable. Il n’y a pas de plat traditionnel. Pour tout dire, j’ai mangé mon meilleur plat dans le train qui m’a emmené d’Adelaïde jusque Perth. 40 heures de voyage, c’est long! Le repas 3 étoiles m’a bien fait passé le temps.

johan 8Y’a t-il un mythe sur les australiens que tu confirmes ou infirmes?

Je vais peut-être anéantir les espoirs de certains mais, croyez-moi, les australiennes ne sont pas aussi jolies que la rumeur européenne peut le laisser croire. Les plus belles filles ici sont les touristes made in Europe. Par contre, les filles vont être ravies, le mythe du beau surfeur bronzé, tatoué et tout musclé est une réalité (et là, je dis ouiiiii!).

Et les amours?

Ici, ce sont des histoires d’un soir… Je parlais avec mon hôte ce matin qui m’a fait très gaiement réaliser que si d’ici 3/4 ans je ne trouve pas la bonne femme, et bien je n’en trouverai certainement plus qu’une qui a déjà des enfants et je me trimballerai ses gosses. La plupart des filles que je trouve bien ici sont déjà casées donc je n’ose imaginer ce que ce sera dans 5 ans. J’aimerais fonder une famille d’ici 5 à 10 ans mais il faut trouver la bonne personne. D’ailleurs, je suis convaincu que ce sera une femme qui m’arrêtera dans mon tour du monde. Idéalement, j’aimerais en trouver une qui veut qu’on continue a voyager ensemble mais ça ne doit pas être facile non plus. Pour le moment, j’adore ma vie comme ça.

As-tu des regrets?

Je n’aurais pas dû commencer par Melbourne car je suis arrivé à la mauvaise saison. Il faisait vraiment moche mais, au final, je suis arrivé où j’en suis aujourd’hui un peu grâce à ce temps. Vu le climat, je restais chez moi et je cherchais du boulot. Sans toutes ces heures passées sur l’ordi, je n’aurais pas eu l’occasion de me consacrer au site. Au final, j’ai bien fait mais j’aurais dû rester moins longtemps dans cette ville dans le sens où j’aurais eu plus de temps pour visiter d’autres coins dont la région des Kimberley qui est, paraît-il, la partie la plus sauvage.

Quelle est ton expression préférée?

Malheureusement, c’est « Putain » et « Fuck »! “Geez!” est pas mal utilisé aussi. J’ai la fâcheuse tendance de commencer mes phrases (oralement ou par écrit comme pour mes tweets) avec ces mots. En ce moment, je dois me contrôler car je vis avec des enfants dans une famille. Ah oui, même après plus de 10 mois passés ici, je commence aussi souvent mes phrases par « oufti » et ça, ils ne comprennent pas.

Un conseil à donner à quelqu’un tenté par le tour du monde?

Si tu vas en Australie, sois débrouillard et lance-toi. Il y a beaucoup d’opportunités faciles ici pour travailler en tant qu’indépendant. Contrairement à chez nous, cela ne prend qu’une heure pour s’inscrire en tant que tel. Il y a du boulot pour tout le monde là bas alors n’aie pas peur. 

Une philosophie de vie?

Vivre au jour le jour et ne rien planifier à l’avance. Je n’ai aucune contrainte et rien ne me retient. Je profite de tout ce que la journée a à m’offrir. Ce voyage m’a rendu moins matérialiste qu’avant et plus humble. Il a changé ma vison du monde et des gens et m’a ouvert les yeux sur la nature et le monde en général. Mais je reste moi-même, ma personnalité n’a pas changé.

Un bon film?  

Je suis fan des vieux western de Sergio Leone comme « Le bon, la brute et le truand »

Une série?

« Accro à Lost »

Un livre?

« Le monde en stop » qui a inspiré mon mode de vie

Un photographe?

Griffin lamb

Si tu devais être un animal?

Le faucon car c’est tout simplement mon totem scout

Et là, on se dit qu’il a un certain culot ce Johan ! Et ça, c’est beau 🙂

a ne pas zapper

Liens pour découvrir son beau travail :

Facebook
Instagram
www.voyagerloin.com
www.facebook.com/voyagerloin

2 Comments on “Johan Lolos : globe trotteur et photographe

  1. Excellent le livre préféré! J’ai rencontré Ludovic Hubler, l’auteur, lors de mon année passée en Australie. On était ensemble en backpackers à Darwin 🙂

  2. Pingback: L'Australie sur Instagram: photographes à suivre

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